Éducation – Mobilisation contre les violences sexistes et racistes

À l’appel de l’intersyndicale du lycée Utrillo, un rassemblement s’est tenu mercredi 3 juin à Saint-Denis.

Les personnels mobilisés attendent que des mesures soient prises contre les actes discriminants.

© Julien Ernst

Professeurs dans les lycées Romain-Rolland de Goussainville, Marcellin-Berthelot à Pantin, Jacques-Brel à La Courneuve…

Sur le parvis de la basilique de Saint-Denis, ils étaient nombreux à prendre la parole pour dénoncer des violences sexistes et racistes dans les établissements de Seine-Saint-Denis, mercredi 3 juin. Une soixantaine de personnes se sont rassemblées, répondant à l’appel de l’intersyndicale du lycée Maurice-Utrillo de Stains. En plus des violences, insultes racistes et agressions sexuelles, c’est la réponse de l’Éducation nationale que dénonçaient les enseignants, agents, parents d’élèves, syndicats et élus.

Au lycée Utrillo, des propos racistes et sexistes ont été rapportés par des élèves et des professeurs à leur hiérarchie. « L’enquête administrative qui a eu lieu visait plus les professeurs qui avaient dénoncé les violences que les faits eux mêmes, déplorent des enseignants. Ni les parents ni les élèves n’ont été auditionnés. »

Depuis la fin de l’enquête, il y a plusieurs semaines, les agents mobilisés attendent une réponse du rectorat mais craignent qu’elle ne reste lettre morte. « Nous sommes là pour affirmer une chose simple : l’école doit être le sanctuaire de la République, un lieu de sécurité absolue, d’égalité et de respect, a martelé Hind Ajrodi, représentante des parents d’élèves. Nous savons que l’immensité des personnels fait un travail formidable. Mais face à des comportements racistes, sexistes, la passivité est une complicité. L’institution ne peut plus fermer les yeux. »

Pour les personnels mobilisés des sections locales du lycée Utrillo, l’Éducation nationale doit mettre en place des formations pour recueillir la parole des victimes et agir face aux violences, ainsi que des moyens pour l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (Evars). Ils demandent aussi que des enquêtes aient lieu pour prendre en compte la parole des élèves et que les personnels ayant dénoncé les violence soient protégés. Des élus du conseil municipal de Stains étaient présents et ont pris la parole pour affirmer leur soutien ainsi que celui du maire Azzédine Taïbi.

Ce rassemblement se tenait avant une audience au ministère concernant les moyens de l’éducation dans le département, l’intersyndicale demandant toujours un plan d’urgence pour l’éducation dans le 93 et l’annulation des fermetures de classes prévues. Des revendications liées aux problèmes dénoncés ce jour-là, notamment en raison du manque de personnel médico-social dans les établissements (psychologues, infirmiers, assistantes sociales).

• J.B.

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