Portrait – L’art de vivre de Philomène
Philomène Philomène Yogini Anton est une artiste tamoule passionnée née au Sri- Lanka. Elle a exposé une partie de ses oeuvres à l’Espace Paul-Éluard, samedi 31 janvier. Stains Actu a rencontré cette dame au caractère singulier.
Croisée lors de son vernissage dans la salle de La Luciole à l’Espace Paul Éluard (EPE), nous avions convenu d’un rendez-vous pour le lundi suivant à 14h. Lundi 13 h 30. Voilà que l’on sonne à la porte de la rédaction ! Philomène se tient derrière, affichant un chaleureux sourire et une joie de vivre communicative.

« Nous avions rendez-vous à 14h, mais je suis venue en avance », murmure-t-elle presque timidement, mais avec espièglerie. Cette petite dame aux cheveux gris dégage une force tranquille, une énergie positive, et inspire l’envie d’échanger avec elle pour mieux découvrir qui elle est.
Il faut dire que ce petit bout de femme a des histoires à raconter et une passion à partager. Philomène possède une riche expérience dans l’enseignement, ce qui l’a habituée à prendre la parole et à captiver son auditoire.
En effet, elle a été professeure de physique-chimie en Inde et au Nigeria et enseignante de tamoul à Saint-Denis. Elle vit en France depuis plus de 33 ans, dont environ 25 ans à Stains. Ses enfants, une fille et un garçon, ont ainsi grandi entre Aubervilliers, Saint-Denis et Stains. « Notre maman nous a toujours encouragés à nous intéresser aux pratiques artistiques. Mon frère et moi avons fréquenté le conservatoire de musique. Nos journées étaient chargées, mais nous prenions plaisir à partager la passion de notre mère pour les arts. Elle est créative et ne s’arrête jamais », confie Johanna, la fille de Philomène.
L’essence artistique de Philomène remonte à son enfance. Son parcours créatif a débuté dès le collège. En classe de 3e, elle a choisi les arts plastiques, ce qui a marqué le début de sa vocation artistique. Sa passion pour l’art s’est approfondie lors de ses études supérieures en Inde, où un enseignant lui a demandé de réaliser un dessin. Cette expérience lui a permis de découvrir la joie de créer régulièrement, même durant ses temps libres. Elle a alors compris que l’art faisait profondément partie d’elle. Son inspiration a également été nourrie par sa mère, « une femme douée dans l’art manuel, créative et passionnée par le recyclage et la réutilisation créative », se souvient Philomène.
L’ART DE REDONNER VIE
Aujourd’hui, elle exprime sa créativité à travers des oeuvres utilisant des objets recyclables, qu’elle transforme en véritables oeuvres d’art. Son exposition, « Peinture et Kural », repose sur cette démarche : donner une seconde vie à des objets tels que pierres, bouteilles ou autres matériaux usagés, en les métamorphosant en créations qui apportent joie et satisfaction, tant à l’artiste qu’aux visiteurs. Elle souhaite ainsi encourager chacun à créer à son tour, en transmettant sa vision artistique.
« J’ai déjà exposé lors d’événements associatifs en lien avec la promotion de la culture tamoule. Mais à Stains, j’ai eu l’opportunité de présenter davantage d’oeuvres, et ainsi de me dévoiler encore plus », confie-t-elle, les yeux plein d’émotion. Il faut dire qu’elle a vécu des moments forts lors de son vernissage. Cette occasion a permis à ceux qui la côtoient dans ses nombreuses activités de découvrir plus largement sa vision artistique.
« Une petite fille, qui a visité l’exposition, est rentrée chez elle et a reproduit l’une des oeuvres de maman, pour l’offrir le lendemain (lors de la fête de Pongal, voir page 15), un grand moment de partage et de bonheur », rapporte sa fille Johanna. Philomène est une passionnée à l’inspiration inépuisable, et ce n’est pas sa petite fille qui dira le contraire. Elle lui a déjà fabriqué des jouets et passe énormément de temps à lui chanter des chansons.
Elle tient à cette stimulation, et nul doute qu’elle sème dans sa petite fille une graine artistique. Certains penseront peut-être que c’est trop tôt, mais pour Philomène, « le temps est précieux. Chaque minute compte. Il ne faut pas perdre de temps, il faut en prendre soin en créant à chaque instant », insiste-t-elle. « Chez nous, la poubelle jaune est toujours vide. Maman récupère absolument tout pour le transformer. Avec elle, rien ne se perd, tout est prétexte à créer.
Elle redonne vie aux choses qui semblent inutiles », sourit, Johanna. Philomène est également très active sur les réseaux sociaux, notamment sur sa page Instagram, où elle propose de courtes vidéos montrant ses créations. On y découvre aussi ses performances de chant.
Elle aime partager ses conseils, ses balades — souvent accompagnée de son mari, qui se prête volontiers au jeu. Elle est un esprit libre, créatif, mais très attachée au partage de sa passion érigée en véritable art de vivre.
• R.H.
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