Portrait – Le palais du goût

Une nouvelle adresse a ouvert ses portes avenue Paul-Vaillant-Couturier. À la tête de ce bar à crêpes et à desserts, un binôme attachant qui s’est rencontré autour des étals du marché du centre-ville.

© Julien Ernst

Tout a commencé sur le marché de Stains. Ismaël* vendait des fruits et légumes et Fathima Rehman était une de ses fidèles clientes. Il lui offrait parfois des avocats et d’autres produits et tandis qu’elle lui ramenait ses pâtisseries maisons pour le remercier.

« Quand j’ai goûté son tiramisu, j’ai tout de suite aimé », se souvient le jeune homme. Passionné par le commerce, ce bec sucré avait depuis longtemps l’idée de créer un bar à desserts, en goûtant cookies, pancakes et autres pâtisseries concoctées par Fathima, il a tout de suite repensé à son projet. « Je trouvais que c’était un talent gâché. Je voulais que le plus grand nombre puisse en profiter.»

CRÊPES, TIRAMISUS ET SMOOTHIES

Après des mois de réflexion et de travail, c’est dans leur établissement, Hi Sweety, ouvert depuis le début du mois, que le duo raconte son histoire. Au-delà de la passion pour les gourmandises, les deux Stanois partagent une vraie complicité.

Rieur, Ismaël, fidèle du PSG raconte comment il chambrait la fille aînée de Fathima, supportrice de l’OM. Quand la cuisinière est plus timide, son associé se fait taquin et provoque volontiers un éclat de rire. C’est sûrement comme ça qu’il a réussi à convaincre Fathima de se lancer dans la restauration. « Au début, elle n’y croyait pas », raconte-t-il.

Jusqu’à présent, la mère de quatre enfants n’hésitait pas à cuisiner pour ses proches et des événements familiaux. « Par exemple, quand une amie se mariait, je lui proposais de réaliser le repas. Ça ne me fait pas peur de faire à manger en grande quantité, mais je le faisais chez moi, à mon rythme.» Elle a tout de même décidé de franchir ce pas.

De l’idée d’un bar à dessert, le lieu s’est élargi. « On a adapté notre idée, en faisant aussi du salé, pour toucher tout le monde.» Sur la carte, on retrouve des crêpes, paninis, des gaufres et tiramisus, l’un des desserts signatures de Fathima, mais aussi des smoothies et lassis rappelant ses origines sri-lankaises.

En cuisine, Fathima fait profiter son associé de ses talents culinaires. « J’apprends avec elle, elle a un bac +10 en cuisine», plaisante-t-il. Grâce à son expérience de commerçant, il s’occupe de l’approvisionnement. « On cuisine avec des produits frais au maximum, ce n’est pas le même goût. »

UNE AVENTURE FAMILIALE

Ce qui fait leur identité ? L’importance de leurs proches. « Hi Sweety, c’est vraiment un projet familial. Les deux premières lettres font référence aux initiales de nos enfants. On l’a construit avec notre famille, nos amis, toutes ces personnes qui ont cru en nous. Hi sweety c’est aussi pour ceux qui ne sont plus là aujourd’hui », témoigne Fathima.

En cuisine, son frère donne un coup de main, comme son père et la famille d’Ismaël. Et ils ont été là aussi pendant les mois qui ont précédé l’ouverture. « Avant, c’était un bureau. On l’a transformé et on a décidé de tout faire nous-mêmes. Ça a parfois été compliqué et ça nous a pris du temps. On a cassé un mur, dû rebondir après des problèmes d’électricité.

Mais on n’a pas abandonné et finalement, on a réussi », se réjouit le cogérant. Pour un intérieur accueillant, ils ont imaginé un arbre sur lequel les visiteurs peuvent laisser un mot, une carte du monde où l’on peut indiquer d’où l’on vient. « Ce qu’on aime, ce sont les moments de partage créés lorsqu’on mange ensemble. »

• J.B.

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