Précarité étudiante – La loi de Soumya Bourouaha votée

La députée de la 5e circonscription, comprenant Stains, a rédigé une proposition de loi pour indexer les bourses étudiantes sur l’inflation et les verser aussi en juillet et en août.

Elle a été votée jeudi 11 juin à l’Assemblée nationale.

© Julien Ernst

Des files d’attente d’étudiants lors des distributions d’aide alimentaire, des jeunes qui cumulent travail et études pour vivre quand d’autres abandonnent faute de revenus. La précarité étudiante est, malheureusement, connue en France et avait été particulièrement mise en lumière lors de la crise de la Covid.

Pour lutter contre ce fléau, la députée Soumya Bourouaha, a déposé une proposition de loi, votée jeudi 11 juin à l’Assemblée. Elle prévoit d’indexer les bourses sur l’inflation et d’annualiser leur versement.

« Ce sont des mesures d’urgence, qui ne vont pas tout régler, mais qui sont nécessaires avant une véritable mise à plat. Il faut apporter une réponse à cette urgence sociale », défend Soumya Bourouaha. La députée de notre circonscription s’est emparée du sujet à l’occasion d’une mission d’évaluation des bourses, un enjeu dans la continuité de son expérience de professeure dans des lycées professionnels et technologiques. « Je m’occupais d’élèves en BTS et en prépa. Certains arrivaient le matin extrêmement fatigués parce qu’ils travaillaient. Parfois, ils étaient dans l’obligation de travailler pour aider leur famille. Pourtant, c’étaient des élèves boursiers », se souvient-elle.

Après six mois d’auditions et de travaux, la députée communiste dresse un constat sans appel : « Les bourses sur critères sociaux ne répondent plus aux besoins des étudiants. La précarité étudiante est structurelle, alors que nos jeunes sont l’avenir de notre pays. »

Elle cite des chiffres alarmants : deux étudiants sur trois déclarent avoir sauté un repas faute de moyens, 26 % des étudiants vivent sous le seuil de pauvreté… « Il y a une défaillance organisée, car, depuis 2017, Emmanuel Macron a fragilisé les Crous et Cnous. Cette aggravation va prendre de l’importance à la rentrée prochaine », s’inquiète Soumya Bourouaha, évoquant « la hausse des frais d’inscription, la suppression des APL pour beaucoup, la marche arrière sur l’apprentissage ».

Parmi la vingtaine de propositions qu’elle avait faites pour remettre à plat le système de bourses et rétablir l’égalité des chances, Soumya Bourouaha a décidé de réunir plusieurs mesures urgentes dans sa loi : l’indexation du montant des bourses et de leurs barèmes sur l’inflation. « C’est la seule aide sociale qui ne suive pas l’inflation. Chaque année, 15 000 étudiants perdent leur bourse. »

La députée a aussi fait voter l’annualisation des bourses, pour garantir un droit aux vacances égal entre les étudiants de différents milieux sociaux. Les bourses seraient également versées en juillet et août. « En tant que communiste, dans la lignée des avancées du Front populaire, je défends le droit au repos. Ce sont souvent les jeunes des milieux populaires qui sont obligés de travailler l’été. C’est une injustice sociale. »

Votée en première lecture à l’Assemblée nationale, la loi devra désormais être mise à l’ordre du jour et votée au Sénat avant d’être effective.

• J.B.

DES CHIFFRES QUI EN DISENT LONG…

  • 13 % des étudiants déclarent ne pas avoir assez à manger, de manière ponctuelle ou régulière.
  • 35 % des jeunes de 18 à 24 ans dont les parents appartiennent aux 20 % les moins aisés sont en études ou diplômés du supérieur. C’est 90 % chez les 10 % les plus aisés.
  • 633 € c’est le montant mensuel de la bourse du plus haut échelon (7).
  • 23 % des boursiers restent précaires malgré les bourses
  • 2,35 MILLIARDS c’est le budget annuel versé par l’État pour les bourses sur critères sociaux.

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