Sensibilisation / Protoxyde d’azote – ‘‘Ce produit est dangereux, il tue nos enfants !’’

« Ce produit est dangereux. Il tue nos enfants. Ouvrez les yeux, c’est vous les adultes ! Agissez ! Nos enfants meurent. Il faut leur parler, les empêcher », ces cris du cœur qui sortent des tripes de Véronique Babin, infirmière en addictologie au CSAPA de Stains (Centre de soins d’accompagnement et prévention en addictologie) et coordinatrice des soins infirmiers du Centre municipal de santé CMS) retentissent sur la place Henri-Barbusse en ce mercredi matin de marché.

© Dragan Lekic

Elle est entourée d’enfants de La Sauvegarde qui portent des pancartes avec des slogans chocs. « Protoxyde d’azote, votre santé en danger », « #lol, qui en rit, en meurt », « Rire oui, se détruire non ». Ensemble, ils déambulent en poussant un caddie rempli de ces bonbonnes tueuses et interpellent les passants.

Détourné de son usage initial pour ses propriétés euphorisantes, le protoxyde d’azote est transféré dans des ballons de baudruche afin d’être inhalé. Lorsqu’il est expulsé de son conteneur, le protoxyde d’azote devient un gaz très froid, incolore à l’odeur douceâtre.

Risque de brûlure, de manque d’oxygène pouvant entraîner la mort, perte de mémoire, trouble d’érection, hallucination, baisse de la tension artérielle, paralysie des membres inférieurs, maladie du système nerveux… La liste des risques est encore longue. Pourtant, énormément, trop de jeunes en consomment. Preuve en est avec le nombre de bonbonnes qu’on peut tous voir dans nos rues et parkings.

C’est pourquoi le service prévention du CMS a décidé de cette action qui se déroulera tous les mercredis matin du mois de mars. « Ces bonbonnes sont devenues pour moi un symbole très concret d’une pratique banalisée », Véronique explique sa démarche. «Dans ma pratique professionnelle, beaucoup de personnes me disent ne jamais avoir été informées clairement des risques. Cette distance entre la réalité des usages et la réalité des conséquences a été le point de départ de ma réflexion ».

« L’idée n’était pas de faire venir les personnes vers un dispositif, mais d’aller vers elles, sans jugement, sans injonction, simplement pour ouvrir la discussion. Je me présente comme infirmière du CSAPA, sans blouse, dans une posture de proximité. Mon intention n’est pas de culpabiliser ni de moraliser, mais de transmettre une information claire. » Alès, Lyon, Vert-Saint-Denis… Ces derniers mois les accidents de la route mortels après consommation de ce produit ont fait les gros titres de la presse.

Dans un communiqué de presse du 16 avril 2025, l’Anses rapporte que depuis 2020, les signalements d’intoxications liées à l’usage détourné du protoxyde d’azote augmentent de manière continue. Stains Actu a déjà reçu des témoignages poignants de parents en détresse. Ainsi, l’association La puissance des liens, présente lors de cette première action, va proposer prochainement des ateliers de prévention dans les Maisons pour tous.

• C.S.

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