Hébergement d’urgence – Un toit pour les mères isolées

Le nouveau centre d’hébergement d’urgence, qui occupera un terrain du Clos pendant 3 ans, a ouvert ses portes.

Porté par le Département, ce bâtiment innovant accueille des mères isolées d’enfants de moins de 3 ans.

© Dragan Lekic

Une petite-fille court dans les couloirs avec ses nouveaux amis. Bientôt ses dessins égayeront sûrement les murs blancs du bâtiment flambant neuf. Petit à petit, le nouveau centre d’hébergement d’urgence du Département, situé avenue Stalingrad, prend vie avec l’arrivée des premières familles hébergées. Destiné aux mères isolées avec au moins un enfant de moins de 3 ans, le centre accueille déjà 27 femmes et leurs enfants depuis le 8 avril. Au total, elles seront 30 avec 60 enfants à vivre dans cet hébergement d’un nouveau genre.

Développée par Toits temporaires urbains pour la Seine-Saint-Denis, la structure a été installée sur ce terrain inoccupé pendant trois ans en raison du réaménagement du Clos. Les différents modules assemblés pourront être réutilisés sur un autre terrain.

Orientées par les services du Département de Seine-Saint-Denis, les femmes hébergées trouvent dans ce « toit temporaire », géré par l’association l’Abri, un répit et un accompagnement pluridisciplinaire avec la cheffe de service, Sira, la maîtresse de maison, Maria, l’éducatrice de jeunes enfants, Farah, une assistante sociale qui va bientôt prendre ses fonctions et trois permanences de nuit qui offrent une présence continue.

« On a une équipe qui est très bien, abonde une quadragénaire arrivée dont la fille de 25 mois joue avec l’éducatrice. Avant j’étais dans un hôtel social mais je me sens mieux ici, ça ressemble plus à un logement. J’ai ma chambre avec ma salle de bain et j’ai plus d’espace. On a une cuisine collective qui est assez grande pour que plusieurs personnes puissent faire à manger. » En effet, en plus d’une buanderie partagée, chaque étage compte une cuisine collective et un espace convivial, sans compter la terrasse et l’espace extérieur dans lequel les résidentes pourront aménager un jardin collectif.

Une respiration qui leur permet d’entreprendre des démarches pour trouver une solution pérenne. « Les femmes sont accompagnées dans l’ouverture de leurs droits, la CAF, le logement. On veille à ce que leurs demandes de logement soient à jour, précise Sylvie Pottier, directrice de pôle à l’Abri.

© Dragan Lekic

Il y a aussi un travail important autour de la parentalité. Comme on est là tout le temps, on peut faire le point sur la façon dont les familles vivent. On a des ateliers maman/enfants qui nous permettent aussi de voir comme les mères vont. Pour l’instant, beaucoup de résidentes accueillies ont été victimes de violences conjugales. C’est un public que l’on a l’habitude d’accompagner via le Relais des femmes. » Ayant quitté son logement suite à des violences conjugales, une jeune maman confie son soulagement d’avoir intégré le centre d’hébergement. « Toute l’équipe est très sympathique. Je me sens plus tranquille et en sécurité, c’est bien. » De nationalité népalaise, elle attend son visa pour rechercher un emploi.

À côté du bâtiment d’hébergement, un second bâtiment modulaire a été installé. L’association SFMAD va y prendre ses quartiers et travaillera aussi avec l’équipe du centre, à travers ses différentes activités pour l’insertion, la garde d’enfant ou encore la formation.

• J.B.

DES CHIFFRES QUI EN DISENT LONG…

  • 90 personnes (femmes et enfants) peuvent être hébergées
  • 3 ans c’est la durée d’installation prévue du centre
  • 7 salariés dans l’équipe

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