Portrait – Sam, tout en haut

Dans la rubrique Sport de notre dernière édition, il était annoncé que Sam, de la section ESS gymnastique, venait d’être sacrée championne de France FSGT. Une belle rencontre.

© Dragan Lekic

Samantha De Sousa — plus connue sous le surnom Sam — vient d’être sacrée championne de France FSGT en gymnastique. Vêtue des couleurs vertes et pailletées de l’ESS, le club qu’elle a adopté avec ses coéquipières, elle a également contribué à mener l’équipe au pied du podium national par équipe : une magnifique 3e place. Sur l’immense praticable de l’impressionnant Palais des sports de Toulon, lorsque la capitaine Fantine mène Clélia, Louane, Céline, Maily et Sam, impossible de ne pas les remarquer. Déjà parce que leurs familles supportrices se font entendre et brandissent des pancartes, mais aussi car on sent leur union, leur amitié, leur envie de gagner. Saut, sol, barre, poutre… l’équipe stanoise a assuré.

Revenons à Sam. À 23 ans, elle incarne à la fois la ténacité et l’élégance d’une gymnaste accomplie, rareté dans un sport où si peu poursuivent après l’adolescence. Originaire de Tremblay, elle a commencé la gymnastique en baby avec son cousin — lui a arrêté, elle non et elle ne l’envisage d’ailleurs absolument pas. En 2011, elle rejoint le club de Livry, où elle restera dix ans avant de rejoindre l’ESS. « Déjà, à la base, faut être un peu fou pour faire ce sport », confie-t-elle en souriant. « On demande au corps des gestes qui vont parfois à l’encontre de la nature ; ça fait mal. Mais ce sport : c’est ma passion. »

La routine de Sam est impressionnante : trois entraînements hebdomadaires de 2 h 30, l’encadrement des plus jeunes chaque soir de la semaine, et des week-ends régulièrement consacrés aux compétitions.

Au gymnase Jean-Guimier, au Clos Saint-Lazare, elle dit trouver son « kiffe » à transmettre sa passion. « Faire du beau, faire du bien », résume-t-elle. Et de rappeler l’importance de la préparation physique : « Ton corps doit vraiment être bien préparé, il faut une bonne préparation musculaire. On râle parfois, petites et grandes, mais c’est essentiel. »

Très attachée à son club de Stains, Sam vante son esprit familial : « J’aime ce club, il est à taille humaine et a une âme bienveillante. » Son engagement auprès des plus jeunes est palpable : « Il y a des petites Stanoises qui sont de véritables petites. Je ne les lâcherai pas ! » Et lorsqu’elle quitte les gymnases, c’est pour poursuivre ses études. Elle vient d’obtenir une licence et commence un master management du sport à la rentrée. « Ça va être chaud », sourit Sam qui se voit diriger des structures sportives dans son avenir professionnel, et si c’était dans la gymnastique ce serait le must. Mais les défis, on l’a compris, elle aime.

« Dans notre équipe, on est six. On est plus que des coéquipières ; on est amies. On s’entraide, on se conseille, on se pousse. » Leur solidarité a payé. Après les performances remarquées à Toulouse et Toulon, l’équipe monte en division supérieure. « L’année prochaine, on concourra en D2, on va devoir bosser », assure Sam. « La gym, c’est très codé et il faut sans cesse répéter. »

Sam est aussi discrète qu’efficace. Blonde, douce, elle dégage une force tranquille sur les agrès : précise au sol, explosive au saut. Lors de la cérémonie d’hommage aux sportifs organisée vendredi dernier à la mairie, elle n’a caché son émotion en recevant un diplôme : « Je ne m’attendais pas à avoir un diplôme, c’est trop mignon, merci », murmure-t-elle, touchée.

Entre l’entraînement intensif, l’encadrement des plus jeunes et les compétitions, Sam ne pense pas en rester là. Sa trajectoire — du babygym à Tremblay au titre national FSGT — illustre ce que peuvent accomplir la passion, la discipline et la convivialité d’un club comme l’ESS gym. Pour ses petites protégées, qu’elle a hâte de retrouver à la rentrée, elle reste un modèle : exigeante avec elle-même, généreuse avec les autres, et d’une persévérance à toute épreuve. Bravo, championne !

• C.S.

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